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Trésors imprimés fribourgeois

Les origines de l’imprimerie fribourgeoise (1585-1773)L’établissement, en 1585, de la première officine typographique fribourgeoise s’inscrit dans le cadre de la Contre-Réforme catholique, des conflits confessionnels qui divisent la Suisse, et dans le sillage de la fondation par les Jésuites du Collège St-Michel de Fribourg, qui ouvre ses portes en 1582, sous l’impulsion de saint Pierre Canisius (1521-1597). Dans le courant de l’été 1585, le premier livre imprimé à Fribourg, le Fragstuck des christlichen Glaubens, sort des presses d’Abraham Gemperlin. Cette diatribe contre les calvinistes éditée par l’humaniste fribourgeois Sébastien Werro (1555-1614), représente bien ce que sera une partie de la production imprimée fribourgeoise en cette fin de XVIe siècle, et tout au long du siècle suivant : une littérature apologétique au service de la foi catholique. Si la production imprimée d’Abraham Gemperlin (1585-1597) et de Guillaume Maess (1596-1605), son successeur, peut se targuer de comprendre les écrits de personnalités remarquables comme Pierre Canisius, Sébastien Werro, François Guillimann, ou Renward Cysat, leurs successeurs à la tête de l’officine fribourgeoise devront limiter leurs ambitions aux besoins, restreints, d’une société qui se referme sur elle-même. Etienne Philot (1606-1617), qui connaît un certain succès commercial en imprimant des manuels scolaires à l’usage des étudiants du Collège, Guillaume Darbellay (1635-1651) qui relance l’imprimerie qui avait fermé ses portes durant dix-huit longues années, faute de soutien du gouvernement, David Irrbisch (1650-1676), Jean-Jacques Quentz (1677-1711) puis les Hautt qui se succèdent (1712-1773), réaliseront l’essentiel de leur production typographique en exécutant les commandes passées par les Jésuites du collège (manuels scolaires, ouvrages populaires de piété, livres de prière pour les congrégations mariales), par l’évêché pour la publication de ses lettres pastorales et des catéchismes, et, enfin, par la chancellerie de Fribourg, pour l’impression des placards et autres avis officiels. Modeste, la production typographique fribourgeoise n’en est pas moins le reflet d’une société qui, par le truchement du livre et de l’imprimé, entendait conserver et défendre sa foi au milieu d’une Suisse protestante en pleine floraison économique et intellectuelle.

Les imprimeursAbraham Gemperlin (1585-1597)
Guillaume Maess (1596-1605)
Etienne Philot (1606-1617)
Guillaume Darbellay (1618-1620; 1635-1651)
David Irrbisch (1650-1676)
Jean-Jacques Quentz (1677-1711)

Innocent Théodoric Hautt (1712-1736)
Henri Ignace Nicomède Hautt (1736-1773)

 
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